- Cambriolages en appartement : les spécificités
- Porte d'entrée : la priorité absolue
- Alarme pour appartement
- Interphone, digicode et contrôle d'accès
- Sécurité des parties communes
- Rez-de-chaussée : les précautions spécifiques
- Balcon et terrasse : sécuriser les accès
- Droits du locataire
- Caméra en appartement et en copropriété
- Voisinage et entraide
- Meilleures alarmes pour appartement
- Questions fréquentes
1. Cambriolages en appartement : les spécificités
Contrairement à une idée reçue, les appartements ne sont pas épargnés par les cambriolages. Selon l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP), environ 30 à 35 % des cambriolages en France visent des logements situés en immeubles collectifs. Les modes opératoires diffèrent sensiblement de ceux observés en maison individuelle, et les étages ne sont pas tous exposés de la même manière.
Les étages les plus touchés
Les données issues des enquêtes de victimation et des rapports de police permettent d'établir une hiérarchie claire du risque selon l'étage occupé :
- Rez-de-chaussée : de loin le plus exposé, il concentre entre 40 et 50 % des cambriolages en immeuble. L'accès direct depuis la rue, un jardin ou un parking facilite l'intrusion par les fenêtres, les baies vitrées ou les portes-fenêtres.
- 1er étage : deuxième cible privilégiée (environ 20 % des cas). Les balcons bas, les gouttières et les auvents offrent des points d'escalade accessibles pour un cambrioleur agile.
- Dernier étage : troisième niveau le plus touché. L'accès par les toits, les terrasses ou les combles constitue un point d'entrée souvent négligé. Le dernier étage est également visé car les cambrioleurs savent que les voisins du dessus n'existent pas, réduisant le risque d'être entendus.
- Étages intermédiaires : les moins exposés, mais pas à l'abri. La porte d'entrée reste le point d'accès principal à ces niveaux.
Des modes opératoires différents
En appartement, les cambrioleurs adoptent des méthodes spécifiques :
- L'entrée par ruse : se faire passer pour un livreur, un technicien ou un voisin pour franchir la porte d'entrée de l'immeuble. Ce mode opératoire représente une part significative des intrusions en milieu urbain.
- Le repérage des habitudes : en immeuble, il est facile d'observer les allées et venues, de repérer les boîtes aux lettres qui débordent ou les volets constamment fermés.
- Le forçage de la porte palière : en étage, c'est le mode d'entrée dominant. Les techniques utilisées (pied-de-biche, bumping, crochetage) ciblent les serrures mono-point et les portes légères.
- Le passage par les parties communes : caves, parkings souterrains, locaux techniques sont autant de voies d'accès détournées vers les logements.
Selon le ministère de l'Intérieur, 80 % des cambrioleurs en appartement passent par la porte d'entrée (porte palière ou porte d'immeuble). C'est un taux encore plus élevé qu'en maison individuelle, où les fenêtres et baies vitrées constituent une alternative fréquente. Sécuriser sa porte est donc la priorité absolue en logement collectif.
2. Porte d'entrée : la priorité absolue
En appartement, la porte palière est dans la grande majorité des cas le seul point d'accès exploité par les cambrioleurs aux étages courants. Renforcer cette porte constitue donc l'investissement le plus rentable en matière de sécurité. Voici les éléments à vérifier et à améliorer.
La serrure multipoints
Une serrure multipoints verrouille la porte en plusieurs endroits simultanément (3, 5 ou 7 points d'ancrage), rendant l'effraction par pied-de-biche beaucoup plus difficile. En appartement, une serrure 3 points certifiée A2P constitue le minimum recommandé. Les modèles 5 points offrent un niveau de protection supérieur pour les rez-de-chaussée et les logements exposés. Privilégiez les serrures certifiées A2P (1, 2 ou 3 étoiles) qui garantissent une résistance testée en laboratoire.
Le blindage de porte
En copropriété, le remplacement complet de la porte n'est pas toujours possible : le règlement impose souvent de conserver un aspect identique côté palier. Le blindage de porte existante est alors la solution idéale. Il consiste à habiller la porte d'une tôle d'acier, à renforcer les paumelles et le bâti, et à installer une serrure multipoints. Un blindage certifié A2P BP offre une résistance de 5 à 15 minutes selon le niveau, largement suffisant pour décourager un cambrioleur.
Le judas optique
Le judas (ou œilleton) permet d'identifier un visiteur avant d'ouvrir la porte. Les modèles numériques avec écran intégré sont particulièrement adaptés aux personnes âgées ou aux enfants qui ne peuvent pas atteindre un judas classique. Certains modèles enregistrent automatiquement une photo ou une vidéo lorsque quelqu'un sonne.
L'entrebâilleur
L'entrebâilleur (ou chaîne de sécurité renforcée) permet d'entrouvrir la porte pour dialoguer avec un visiteur sans risquer une intrusion par poussée. Les modèles à barre rigide sont nettement plus résistants que les chaînes traditionnelles. C'est un complément peu coûteux mais efficace contre les entrées par ruse.
- Serrure multipoints certifiée A2P (minimum 3 points)
- Cylindre haute sécurité anti-crochetage, anti-bumping, anti-perçage
- Cornières anti-pinces sur les côtés de la porte
- Protection du cylindre (rosace de sécurité ou protège-cylindre)
- Blindage de la porte si elle est en bois léger
- Paumelles renforcées avec goupilles anti-dégondage
- Judas optique ou numérique
- Entrebâilleur à barre rigide
- Porte bien ajustée dans son cadre (pas de jeu excessif)
3. Alarme pour appartement
Installer une alarme en appartement exige de choisir un système adapté aux contraintes du logement collectif : espace réduit, proximité des voisins, présence éventuelle d'animaux domestiques et impossibilité de poser une sirène extérieure sur la façade. Heureusement, les fabricants proposent désormais des solutions spécifiquement conçues pour les appartements.
Systèmes sans fil et compacts
Les alarmes sans fil sont idéales en appartement. Elles ne nécessitent aucun câblage dans les murs (pas de perçage ni de saignées), s'installent en quelques heures et peuvent être emportées en cas de déménagement. Les centrales modernes sont compactes (à peine plus grandes qu'un livre) et se pilotent intégralement depuis un smartphone. Les détecteurs adhésifs se posent sans percer, ce qui convient parfaitement aux locataires.
Détection adaptée aux animaux domestiques
Si vous avez un chat ou un petit chien, optez pour des détecteurs de mouvement immunisés contre les animaux (généralement jusqu'à 25 ou 40 kg selon les modèles). Ces détecteurs utilisent une double technologie infrarouge qui distingue le déplacement d'un animal de celui d'un humain. Sans cette fonctionnalité, les fausses alertes rendront le système inutilisable au quotidien.
La question de la sirène
En appartement, oubliez la sirène extérieure. Le règlement de copropriété interdit généralement la pose d'équipements sur la façade, et une sirène tonitruante en immeuble posera rapidement des problèmes de voisinage. Privilégiez une sirène intérieure suffisamment puissante (95 à 110 dB) pour effrayer l'intrus et alerter les voisins immédiats, associée à une notification instantanée sur votre smartphone. Les systèmes connectés peuvent également prévenir un centre de télésurveillance qui contactera les forces de l'ordre.
Les capteurs essentiels
- Détecteur d'ouverture sur la porte d'entrée (indispensable) et sur les fenêtres accessibles (RDC, 1er étage)
- Détecteur de mouvement dans le couloir d'entrée et les pièces de passage
- Détecteur de vibration sur la porte d'entrée pour détecter une tentative d'effraction avant même l'ouverture
- Clavier ou badge pour l'armement/désarmement rapide en rentrant chez soi
4. Interphone, digicode et contrôle d'accès
La première barrière de sécurité d'un appartement, c'est la porte d'entrée de l'immeuble. Un système de contrôle d'accès efficace empêche les intrus d'accéder aux parties communes et réduit considérablement le risque de cambriolage pour l'ensemble des résidents.
L'interphone classique et ses limites
L'interphone audio, encore présent dans une majorité d'immeubles, présente un défaut majeur : il ne permet pas d'identifier visuellement le visiteur. Résultat, beaucoup de résidents ouvrent la porte d'entrée sans vérifier, par réflexe ou par politesse. Les cambrioleurs exploitent cette faille en se présentant comme livreurs, techniciens ou voisins.
Le visiophone : voir avant d'ouvrir
Le visiophone (ou vidéophone) ajoute une caméra à l'interphone. Le résident voit sur un écran ou sur son smartphone qui sonne à la porte de l'immeuble avant de décider d'ouvrir. Les modèles connectés permettent même de répondre à distance, donnant l'impression que le logement est occupé même en cas d'absence. La modernisation d'un interphone en visiophone est un projet de copropriété qui se vote en assemblée générale.
Digicode et badges
Le digicode reste un moyen d'accès répandu, mais sa sécurité dépend entièrement de la discipline des résidents. Un code inchangé depuis des années et connu de tous les livreurs du quartier n'offre quasiment aucune protection. Le code doit être changé au minimum une fois par an, et idéalement à chaque départ d'un résident.
Les systèmes par badges ou clés magnétiques offrent un meilleur contrôle : chaque badge est nominatif et peut être désactivé individuellement en cas de perte ou de départ. Les modèles les plus récents enregistrent les heures de passage, créant un journal d'accès utile en cas d'incident.
Proposez la modernisation du système d'accès lors de l'assemblée générale de copropriété. Les solutions actuelles (visiophone IP, badges RFID, serrure connectée sur la porte d'immeuble) sont nettement plus sûres que les anciens interphones à gâche. Le coût, réparti entre tous les copropriétaires, est souvent modeste (50 à 150 euros par lot selon les devis).
5. Sécurité des parties communes
La sécurité d'un appartement ne s'arrête pas à la porte palière. Les parties communes (hall, escaliers, caves, parkings) constituent le premier périmètre de protection de l'immeuble. Leur sécurisation est un sujet collectif qui se décide en assemblée générale de copropriété.
La porte d'entrée de l'immeuble
C'est le premier rempart. Une porte d'immeuble en bon état, avec un système de fermeture automatique (groom ou ferme-porte) et une serrure robuste, suffit à bloquer la majorité des intrusions opportunistes. Vérifiez régulièrement que la porte se referme correctement et signalez immédiatement toute panne au syndic. Une porte d'immeuble qui reste entrouverte annule toute la chaîne de sécurité.
L'éclairage
Un éclairage fonctionnel dans toutes les parties communes (hall, escaliers, caves, parking) est un facteur de dissuasion essentiel. Les zones sombres favorisent l'intrusion et le repérage. Les minuteries doivent être en état de marche, et l'installation de détecteurs de présence dans les zones sensibles (caves, parking) permet à la fois d'économiser l'énergie et de signaler toute présence inhabituelle.
Vidéosurveillance des parties communes
L'installation de caméras dans les parties communes (hall, parking, accès caves) est un excellent moyen de dissuasion et d'identification en cas d'incident. Cette décision se prend en assemblée générale à la majorité absolue (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Les images doivent respecter le RGPD : durée de conservation limitée à 30 jours, accès restreint au syndic et aux forces de l'ordre, panneau d'information visible.
Caves et parkings souterrains
Les caves et parkings sont des points d'accès souvent négligés. Vérifiez que les portes de cave sont solides et équipées de cadenas résistants (anse en acier cémenté). Les accès au parking souterrain doivent être sécurisés par un portail automatique avec télécommande ou badge individuel. Ne laissez jamais un accès bloqué en position ouverte.
Pour inscrire un projet de sécurisation à l'ordre du jour de l'assemblée générale, adressez une lettre recommandée au syndic au moins deux mois avant la date de l'AG. Joignez un ou plusieurs devis détaillés pour faciliter le vote. Les travaux de sécurité (vidéosurveillance, contrôle d'accès, éclairage) se votent à la majorité absolue de l'article 25.
6. Rez-de-chaussée : les précautions spécifiques
Habiter au rez-de-chaussée d'un immeuble multiplie par deux à trois le risque de cambriolage par rapport aux étages supérieurs. Les fenêtres, portes-fenêtres et baies vitrées accessibles depuis la rue, un jardin ou un passage constituent autant de points d'entrée vulnérables qui nécessitent une attention particulière.
Barreaux et grilles de défense
Les barreaux de fenêtre (ou grilles de défense) restent la protection physique la plus efficace pour les ouvertures accessibles. Ils doivent être scellés dans la maçonnerie (et non simplement vissés) et espacés de 11 cm maximum pour empêcher le passage d'un corps. En copropriété, leur pose sur la façade nécessite généralement un vote en assemblée générale, sauf si le règlement de copropriété les prévoit déjà.
Volets roulants et volets battants renforcés
Les volets constituent une barrière supplémentaire, à condition d'être robustes. Les volets roulants en aluminium avec verrous automatiques offrent une bonne résistance à l'effraction. Les modèles certifiés classe de résistance RC2 ou supérieure selon la norme EN 1627 sont recommandés pour les rez-de-chaussée. Les volets battants doivent être équipés d'un système de verrouillage intérieur solide (barres de sécurité, espagnolettes renforcées).
Vitrage de sécurité
Le vitrage feuilleté de sécurité (type SP10 ou 44.2) empêche le bris rapide de la vitre. Contrairement au verre trempé qui se brise en petits morceaux, le vitrage feuilleté reste en place grâce à un film intercalaire en PVB, obligeant le cambrioleur à frapper de nombreuses fois pour créer une ouverture. Ce délai supplémentaire (1 à 3 minutes) suffit souvent à le décourager. Le remplacement des vitrages existants peut se faire fenêtre par fenêtre, en commençant par les plus exposées.
Détecteurs spécifiques
Au rez-de-chaussée, complétez l'alarme avec des détecteurs d'ouverture sur toutes les fenêtres et portes-fenêtres, ainsi que des détecteurs de bris de glace (acoustiques ou à vibration). Un détecteur de mouvement extérieur à rideau, posé derrière la fenêtre et pointant vers l'extérieur, peut alerter d'une présence suspecte avant même une tentative d'intrusion.
7. Balcon et terrasse : sécuriser les accès
Les balcons et terrasses, en particulier aux étages bas et au dernier étage, sont des points d'accès exploités par les cambrioleurs expérimentés. Un balcon au premier étage est accessible en quelques secondes par escalade ; une terrasse au dernier étage peut être atteinte depuis le toit.
Verrous et serrures sur les baies vitrées
Les portes-fenêtres et baies vitrées donnant sur un balcon doivent être équipées de verrous complémentaires en plus de la poignée standard. Les systèmes de blocage par barre de sécurité (barre en aluminium posée dans le rail de la baie coulissante) empêchent l'ouverture forcée par soulèvement. Pour les fenêtres oscillo-battantes, des poignées à clé verrouillable empêchent la manipulation depuis l'extérieur.
Détecteurs de mouvement
Un détecteur de mouvement extérieur installé sur le balcon ou la terrasse détecte toute présence et peut déclencher l'alarme ou une notification sur votre smartphone. Les modèles à rideau (détection sur une bande étroite) sont adaptés aux balcons car ils ne se déclenchent pas au passage d'oiseaux ou de chats. En copropriété, vérifiez que l'installation ne gêne pas les voisins (pas de sirène extérieure, pas de projection lumineuse sur les logements adjacents).
Éclairage dissuasif
Un éclairage automatique à détection de mouvement sur le balcon ou la terrasse surprend l'intrus et attire l'attention des voisins. Les spots LED solaires à détection se posent sans câblage et fonctionnent de manière autonome. C'est une mesure simple, peu coûteuse et très efficace pour les terrasses accessibles.
8. Droits du locataire
En tant que locataire, vous avez le droit de sécuriser votre logement, mais certaines modifications nécessitent l'accord préalable du propriétaire. Voici ce que vous pouvez faire librement et ce qui exige une autorisation.
- Alarme sans fil : aucun perçage ni modification structurelle. Vous la retirez en partant.
- Caméra intérieure : tant qu'elle ne filme que l'intérieur de votre logement.
- Détecteurs adhésifs : détecteurs d'ouverture et de mouvement fixés par adhésif amovible.
- Entrebâilleur : fixé par vis sur la porte (considéré comme menu aménagement).
- Judas optique : remplacement ou pose d'un judas classique.
- Barre de sécurité pour baie coulissante (amovible).
- Éclairage à détection autonome (solaire ou à piles) sur le balcon.
- Changement de serrure : vous devez remettre un double des clés au propriétaire. L'accord est recommandé par écrit, surtout si vous changez le type de serrure.
- Blindage de porte : modification significative qui altère la porte. Accord écrit indispensable.
- Barreaux aux fenêtres : modification de la façade, nécessite l'accord du propriétaire ET un vote en AG de copropriété.
- Volets roulants : modification extérieure visible, double accord nécessaire.
- Remplacement du vitrage : modification de la menuiserie, accord du propriétaire requis.
- Alarme filaire : perçage et câblage dans les murs, accord écrit nécessaire.
Conseil : en cas de refus du propriétaire, privilégiez les solutions réversibles (sans fil, adhésives, amovibles) qui ne modifient pas le logement et que vous emportez en partant.
9. Caméra en appartement et en copropriété
L'installation de caméras de surveillance en appartement est encadrée par des règles précises, qu'il s'agisse d'une caméra dans votre logement ou dans les parties communes de l'immeuble.
Caméra à l'intérieur de votre appartement
Vous êtes libre d'installer une ou plusieurs caméras à l'intérieur de votre logement sans aucune autorisation. Cependant, si vous employez une aide à domicile, une nourrice ou un gardien, vous devez les informer de la présence des caméras (obligation RGPD). Les caméras ne doivent filmer que l'intérieur de votre logement : aucune vue sur le palier, la cage d'escalier ou les logements voisins.
Caméra sur le palier ou la porte d'entrée
Les judas numériques avec enregistrement vidéo posent une question juridique : s'ils captent des images du palier (partie commune), leur usage peut être contesté par les voisins ou le syndic. En principe, le palier est une partie commune, et toute vidéosurveillance des parties communes nécessite un vote en assemblée générale. Certaines jurisprudences tolèrent le judas numérique dès lors qu'il ne filme que la zone immédiate devant la porte, mais la prudence recommande d'informer le syndic.
Caméras dans les parties communes
L'installation de caméras dans le hall, le parking ou les accès caves relève d'une décision collective en assemblée générale (majorité absolue, article 25). Les obligations sont strictes :
- Affichage d'un panneau de signalisation visible à l'entrée de la zone filmée
- Durée de conservation des images limitée à 30 jours maximum
- Accès aux images restreint (syndic, conseil syndical, forces de l'ordre sur réquisition)
- Déclaration CNIL non obligatoire pour les parties privatives, mais recommandée pour les parties communes
- Les caméras ne doivent pas filmer la voie publique (sauf autorisation préfectorale)
10. Voisinage et entraide
En immeuble, les voisins constituent votre premier réseau de sécurité. Une communauté de résidents vigilants et solidaires est souvent plus efficace qu'un équipement coûteux.
Communication et vigilance collective
Connaître ses voisins et échanger des numéros de téléphone est le geste de sécurité le plus simple et le plus sous-estimé. Un voisin qui remarque une porte entrouverte, un bruit suspect ou un inconnu qui rôde dans les couloirs peut donner l'alerte en quelques secondes. Les groupes de discussion (WhatsApp, Signal) entre résidents permettent de signaler rapidement un incident ou un comportement suspect.
Les bons réflexes collectifs
- Ne jamais ouvrir la porte d'immeuble à un inconnu sans vérification, même s'il prétend être livreur ou technicien
- Signaler immédiatement au syndic toute dégradation du système de fermeture de la porte d'immeuble
- Prévenir un voisin de confiance en cas d'absence prolongée pour qu'il relève le courrier et surveille votre porte
- Ne pas laisser traîner des informations sur les absences (étiquettes de voyage sur les valises dans le hall, messages sur les boîtes aux lettres)
- Signaler tout démarchage suspect (faux techniciens, enquêtes de voisinage inhabituelles) aux autres résidents et au syndic
Le dispositif Voisins Vigilants
Le programme Voisins Vigilants et Solidaires (anciennement Participation Citoyenne) est un dispositif officiel coordonné avec la gendarmerie et la police. Il peut être déployé dans un immeuble ou un quartier. Les participants reçoivent des alertes de la police locale et signalent les faits suspects via une plateforme dédiée. L'adhésion est gratuite et la présence de panneaux « Voisins Vigilants » à l'entrée de l'immeuble a un effet dissuasif documenté.
11. Meilleures alarmes pour appartement
Après avoir analysé des dizaines de systèmes, voici les trois alarmes que nous recommandons spécifiquement pour une utilisation en appartement. Nos critères : compacité, installation sans fil, compatibilité animaux, qualité de l'application mobile et rapport qualité/prix.
Ajax Systems Hub 2
Ajax est la référence européenne en matière d'alarme sans fil professionnelle. Le Hub 2 offre une portée radio exceptionnelle, une détection photo intégrée (vérification visuelle des alertes), et une application mobile parmi les plus réussies du marché. Le système est certifié Grade 2 EN 50131, le niveau recommandé pour les habitations. Les détecteurs MotionProtect sont immunisés contre les animaux jusqu'à 20 kg et le design est discret. Idéal pour un appartement de toute taille.
Somfy Home Alarm Advanced
Somfy est le leader français de la domotique et propose un écosystème complet pour la maison connectée. Le Home Alarm Advanced est particulièrement adapté aux appartements grâce à ses détecteurs ultra-compacts, son badge mains-libres pour l'armement/désarmement automatique en rentrant chez soi, et sa compatibilité avec les volets roulants Somfy. L'application est intuitive et le système peut être relié à un service de télésurveillance. Les détecteurs de mouvement sont compatibles avec les animaux jusqu'à 25 kg.
Yale Sync Smart Home Alarm
Yale, filiale du groupe Assa Abloy (leader mondial de la sécurité des accès), propose un système accessible et fiable pour les petits budgets. Le Sync Smart Home Alarm se distingue par sa simplicité d'installation et son intégration native avec les serrures connectées Yale (verrouillage automatique en cas d'alarme). Les détecteurs de mouvement sont immunisés contre les animaux jusqu'à 20 kg. Le kit de base couvre un T2/T3 et peut être étendu progressivement. L'abonnement télésurveillance est optionnel.
12. Questions fréquentes
Non. Une alarme sans fil ne modifie pas le logement (pas de perçage, pas de câblage). Elle est considérée comme un équipement amovible que vous emportez en partant, au même titre qu'un meuble ou un appareil électroménager. Le propriétaire ne peut pas s'y opposer. En revanche, si vous souhaitez installer un système filaire nécessitant des perçages dans les murs, l'accord écrit du propriétaire est nécessaire.
C'est une zone grise juridique. Le palier est une partie commune de la copropriété. En principe, filmer une partie commune nécessite un vote en assemblée générale. Un judas numérique à champ étroit (ne captant que la zone immédiate devant votre porte) est généralement toléré, mais une caméra fixée sur le palier avec un champ large peut être contestée par les voisins ou le syndic. La recommandation est d'informer le syndic et d'obtenir l'accord des voisins de palier.
Pour un niveau de protection efficace dans un T3, comptez entre 500 et 2 000 euros selon les priorités. En détail : un blindage de porte avec serrure multipoints A2P (800 à 1 500 euros posé), un système d'alarme sans fil (200 à 600 euros pour un kit complet), un judas numérique (50 à 150 euros), et un entrebâilleur renforcé (15 à 40 euros). Si vous êtes au rez-de-chaussée, ajoutez le budget vitrage feuilleté (150 à 300 euros par fenêtre) et éventuellement des barreaux (200 à 500 euros par fenêtre posés).
Oui, la garantie vol est généralement incluse dans les contrats multirisques habitation, mais elle est soumise à des conditions. La plupart des assureurs exigent des traces d'effraction (porte forcée, fenêtre brisée) pour indemniser. Sans traces visibles (vol par ruse, clé volée), l'indemnisation peut être refusée. Certains contrats imposent un niveau minimum de protection (serrure multipoints, par exemple). Vérifiez les plafonds d'indemnisation pour les objets de valeur et conservez les factures de vos biens. L'installation d'une alarme certifiée peut vous valoir une réduction de prime de 5 à 15 % selon les assureurs.
Sources et références
- Ministère de l'Intérieur : Rapport annuel « Insécurité et délinquance », enquête « Cadre de vie et sécurité » (CVS)
- Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) : Statistiques des cambriolages par type de logement
- CNPP : Centre National de Prévention et de Protection, certifications A2P et NF&A2P
- CNIL : Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, fiches pratiques sur la vidéosurveillance privée
- Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : Statut de la copropriété des immeubles bâtis (articles 24, 25, 26)
- Norme européenne EN 50131 : Systèmes d'alarme intrusion, grades de sécurité
- Norme EN 1627 à EN 1630 : Classification de la résistance à l'effraction des portes et fenêtres